Pourquoi les compléments alimentaires ne construisent rien ( par eux-mêmes) ?
On ne construit pas du muscle avec de la protéine. La protéine est une brique, mais c’est la sollicitation, l’information envoyée au corps par l’exercice, qui décide de construire, en s’appuyant sur les matériaux disponibles. Personne ne pense devenir musclé en buvant des shakers assis sur son canapé, et pourtant ce raisonnement, que nous acceptons sans difficulté pour le muscle, nous l’abandonnons dès qu’il s’agit de santé, où l’on pense en termes de nutriments manquants, de minéraux et de compléments, comme si le matériau suffisait.
Dans cette vidéo, je reprends la question à la base en distinguant la capacité, c’est à dire la présence de nutriments, et l’utilisation, qui dépend d’un signal. Le principe d’économie du vivant l’explique, puisque maintenir un tissu coûte de l’énergie et que le corps ne paie ce coût que s’il y a un besoin. L’os en donne la démonstration la plus claire, avec les ostéocytes qui perçoivent les micro-déformations, la sclérostine qui freine la construction en leur absence, la perte de densité chez les astronautes malgré une alimentation surveillée, et le fait que tous les sports ne densifient pas l’os de la même façon, le cyclisme étant peu efficace faute d’impacts alors que quelques minutes de charges et de sauts suffisent à améliorer la densité osseuse chez des femmes ménopausées.
Je vais ensuite plus loin, car un apport peut non seulement être inutile, mais venir brouiller le signal. L’exemple est celui de la vitamine C prise à forte dose comme antioxydant dans la pratique sportive, question distincte des travaux de Linus Pauling sur les supplémentations massives en situation pathologique. Les espèces réactives de l’oxygène produites par le muscle à l’effort ne sont pas seulement des déchets, elles portent l’information qui conduit à l’expression de PGC-1α, laquelle commande la multiplication des mitochondries et la fabrication par le muscle de ses propres antioxydants, si bien qu’un antioxydant apporté en excès vient atténuer l’adaptation même que l’entraînement recherchait.
La vidéo se termine sur la loi de l’hormèse, une contrainte naturelle, adaptée et limitée dans le temps, et sur la distinction entre le renforcement véritable et l’entrée en tolérance, qui n’est pas une adaptation mais un corps qui cesse de produire des symptômes faute d’être entendu. Les carences existent, il faut les comprendre et les corriger, de préférence par l’alimentation et son totum plutôt que par une molécule isolée, mais le complément n’est pas la cause de la santé, il n’en est au mieux qu’une condition, et ce qui décide reste le mode de vie.
Études citées : Gomez Cabrera et al., 2008 ; Ristow et al., PNAS, 2009.
Chapitres
00:00 Pourquoi les compléments ne construisent rien par eux-mêmes
01:20 Capacité et utilisation, la distinction centrale
02:12 Le principe d’économie du vivant
04:16 L’alitement, ou la brique sans le chantier
05:24 L’os, un tissu qui répond aux impacts
07:03 Les astronautes et la sédentarité
09:47 Ce que disent les études sur le calcium
11:31 Quand l’apport brouille le signal, la vitamine C
13:24 PGC-1α et l’adaptation à l’entraînement
20:09 Le corps règle l’absorption sur ses besoins, et la loi de l’hormèse
🌐 RGNR.TV
La plateforme de Thierry Casasnovas : https://rgnr.tv
👉 Facebook RGNR : https://www.facebook.com/thierry.rgnr/
👉 Instagram RGNR : https://www.instagram.com/stories/thierrycasasnovasrgnre/
👉 Site RGNR : https://www.rgnr.tv
👉 Telegram RGNR : https://t.me/rgnr_fr
L'Europe est une maison de retraite ! L'avenir est à Bombay - Jean-Marc Daniel - Politique & Eco
L’Europe est-elle devenue une maison de retraite ? Pour Jean-Marc Daniel, professeur émérite d’économie à l’ESCP, le vieillissement du continent ne condamne pas son ... Read more
Le Déj #3 : Les médias surpayés nous habituent-ils à la guerre ?
📦 Le nouveau NEXUS chez vous : commandez votre exemplaire dès maintenant. → https://magazine.nexus.fr/je-decouvre/ Dans ce Déj #3, on brise les tabous de la manipulation médiatique et ... Read more









