« Le traitement du cancer arrive, tout le reste va s’effondrer à ce moment-là » – Laurent Schwartz
Laurent Schwartz est cancérologue. Il publie « Choisir la vie : repenser le vivant pour sortir de la crise et retrouver du sens » (éd. Thierry Souccar).
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Prolongeant les travaux des prix Nobel Otto Warburg et Albert Szent-Györgyi, Laurent Schwartz propose une autre lecture du cancer dont il estime qu’il s’agit essentiellement d’une maladie du métabolisme provoquée par « un court-circuit électronique » : au sein de la cellule, les électrons ne parviennent plus à atteindre leur cible naturelle, l’oxygène, et sont "détournés vers des voies métaboliques fermentaires" orientées vers la synthèse de macromolécules.
« La cellule dispose de 2 grands modes de fonctionnement. Soit elle oxyde complètement les nutriments en gaz carbonique et en eau, lorsque l’oxygène est disponible. Soit elle entre dans un mode de synthèse, lorsque l’oxygène n’est pas accessible », explique le Dr Schwartz.
« Dans le cancer, cette synthèse prend la forme d’une prolifération de nouvelles cellules. Dans la maladie d’Alzheimer, elle conduit à l’accumulation de plaques amyloïdes. Dans la maladie de Parkinson, à la formation de corps de Lewy », ajoute-t-il.
S’il admet que « la médecine moderne a accompli des progrès techniques considérables », le praticien estime que ces avancées « ne constituent pas une révolution thérapeutique » puisqu’elles « n’ont pas transformé notre capacité à guérir ».
« Il n’est pas une maladie que l’on sache guérir aujourd’hui que l’on ne savait traiter il y a 50 ans. Dans mon domaine, la médecine, il n’y a pas eu de percée thérapeutique majeure depuis longtemps », souligne-t-il.
L’oncologue considère qu’il est temps d’acter « l’échec d’une démarche purement financière » et de changer radicalement notre façon de voir les choses, appelant à intégrer à la biologie et à la médecine « les progrès radicaux de la physique moderne ».
Le Dr Schwartz s’est d’ailleurs intéressé à plusieurs phénomènes que la science ne parvient pas à expliquer, des anomalies « porteuses d’enseignements, à condition de faire évoluer notre compréhension du vivant ».
« Voir les incohérences, c’est saisir qu’un autre monde est possible », confie le praticien, qui s’est penché sur le postulat qui veut que le cerveau soit le siège exclusif de la mémoire, de l’intelligence et de la conscience. Une hypothèse mise à mal par plusieurs cas d’individus qui vivent une vie normale, malgré un encéphale réduit à une bande de quelques millimètres collée à leur boîte crânienne.
« John Lorber, pédiatre et professeur à l’université de Sheffield, décrit un mathématicien au QI de 126 dont 95% de la boîte crânienne est occupée par du liquide céphalo-rachidien, donc de l’eau. […] Dans un article qu’il intitule "Is your brain really necessary ?" (Votre cerveau est-il vraiment nécessaire ?), l’anthropologue britannique Roger Lewin affirme qu’il existe plus de 600 cas analogues dans la littérature. »
Des observations qui « suggèrent que l’information nécessaire au fonctionnement du vivant ne se réduit pas à la seule masse neuronale, et qu’elle pourrait être distribuée, portée ou relayée par d’autres supports que le tissu cérébral ». Parmi ces « autres supports », le Dr Schwartz revient sur les recherches menées sur la mémoire de l’eau.
« L’eau, omniprésente dans nos cellules, constitue un support structuré, capable de stocker, de transmettre et de transformer de l’information. Et cette information ne naît pas seulement de la matière elle-même, elle provient d’une interaction plus profonde avec ce que la physique contemporaine appelle le vide quantique », explique-t-il.
« Le réel n’est pas ce que l’on perçoit. Le réel n’est pas ce que nous suggèrent nos sens. De prime abord, tout semble matière. Mais les physiciens nous disent que 99,9999 % de la table sur laquelle je pose mon ordinateur est du vide », poursuit le praticien.
S’appuyant sur les théories de John Wheeler, Laurent Schwartz émet l’hypothèse que « l’information est la clé », qu’elle « précède la matière et l’organise », et que ce sont nos choix qui créent la réalité.
« Nous nous sommes longtemps considérés comme matière. C’était partiellement vrai. Mais les incohérences du système montrent qu’il faut faire naître un autre paradigme. Les bases mêmes de ce que nous croyons évident doivent être remises en question. Ce que nous appelons information, d’autres l’appellent âme. »
▬▬▬▬▬▬▬▬▬ LIENS ▬▬▬▬▬▬▬▬▬
🎙️ Journaliste : Henri-Michel Thalamy
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